
Préparation
On a passé quelques semaines à discuter, planifier et préparer la plantation d’un jardin de pollinisateurs et d’un habitat indigène à l’école primaire Lord Aylmer. Les enfants du programme d’éducation en plein air ont travaillé fort avec leurs enseignants pour construire 6 jardinières surélevées pour border leur terrain de jeux d’aventure extérieur. Sous une pluie battante, leurs enseignants nous ont fièrement raconté qu’ils avaient assemblé les bacs, puis les avaient remplis de compost et du meilleur mélange de terre que leur petit budget pouvait se permettre.
On avait appris des leçons importantes de nos expériences précédentes à l’école primaire Eardley.

On avait besoin de meilleures photos de nos pollinisateurs indigènes à montrer aux enfants (mes premières étaient floues), et on avait besoin de plus de monde pour aider à la plantation.
Jour de plantation
Le jour de la plantation, on est arrivés pour trouver environ 25 enfants en cercle, assis sur des tabourets faits de souches d’arbres, fixant d’un regard vide mes ailes de papillon géantes. Je leur ai dit que je suis une ranger des papillons et que c’est mon travail d’aider les papillons et leurs amis, et leurs regards vides m’ont dit qu’ils avaient besoin d’un peu d’animation. On a voltigé comme des papillons pendant qu’ils essayaient de m’attraper, puis on a plané comme des bourdons, et quand j’y repense maintenant, j’aurais aimé avoir pensé à les faire s’arrêter, se coucher et se tortiller comme des chenilles, et j’espère qu’on s’en souviendra la prochaine fois.
Au moment où on s’est assis, j’étais leur amie, la dame aux papillons, et ils écoutaient.

La leçon
On a parlé des différents pollinisateurs et comment ils transportent le pollen, et de leurs régimes alimentaires difficiles, et d’où ils dorment, pondent leurs oeufs et se cachent.

On a parlé de comment les espaces où ils peuvent faire tout ça sont de plus en plus difficiles à trouver dans nos villes, et comment on peut les aider, si facilement, et faire une énorme différence pour eux en créant de petits habitats dans nos propres jardins. Avoir plein de ces tout petits habitats donne aux pollinisateurs des endroits où voltiger, et soit rester, soit prendre une collation et continuer vers le prochain.

On a parlé du peu dont les pollinisateurs ont vraiment besoin, et de l’importance des plantes, arbres et arbustes spéciaux pour eux, surtout pour les mangeurs difficiles.
Ils ont rigolé en entendant le nom de certaines des plantes qu’on leur avait apportées, certaines choisies exprès pour provoquer cette réaction : des plantes comme la penstémon velue, l’hélénie automnale, la mimule à tige carrée, la scutellaire et la verge d’or en zigzag;

Ils sont repartis avec une compréhension des relations délicates entre les asclépiades et les monarques, et d’autres exemples plus abstraits comme l’immortelle et le papillon Belle Dame, et comment les fleurs en forme de tube comme les penstémons et les lobélies cardinales attirent les colibris, dont le long bec s’y insère parfaitement. Ils étaient surpris que certaines fleurs s’ouvrent la nuit pour soutenir les pollinisateurs nocturnes, mais à 5 ans, ils ont facilement compris ce concept.

Ils ont appris que les saules, et non les pissenlits, fournissent le pollen précoce dont nos bourdons et autres pollinisateurs ont besoin, et que les grandes fleurs d’automne qui ressemblent à des marguerites s’appellent des asters et que celles-ci, avec les verges d’or, sont parmi les dernières sources de pollen disponibles avant l’hiver.

Ils ont appris que les oiseaux mangent des graines de baies puis les font caca du ciel, et si le caca atterrit au bon endroit, un nouveau buisson ou arbre à baies va pousser.
Ils ont appris que des graminées aux noms rigolos comme l’éragrostide élégante, le barbon de Gérard et le boutelou à grappes aident les pollinisateurs et leurs bébés à se cacher des oiseaux jusqu’à ce qu’ils deviennent plus forts, et que les oiseaux utilisent ces mêmes graminées pour faire des nids et en manger les graines en hiver. Ils ont appris que la plupart des abeilles ne vivent pas dans des ruches, mais dans de petites cachettes, comme les tiges de vieilles fleurs, sous les feuilles et dans de vieux morceaux de bois, et n’importe où près de la nourriture qu’elles mangent où elles peuvent garder leurs bébés en sécurité.

Planter des plantes indigènes
On a enseigné à nos jeunes apprenants enthousiastes qu’ils ont tout ce qu’il faut pour créer un habitat de pollinisateurs. Ils ont cherché dans la cour d’école et trouvé des bâtons, de l’écorce, des feuilles, des brindilles et des cocottes de pin.

Leurs enseignants les ont aidés à trier ça dans des bols, et nous ont expliqué comment ça intègre leurs objectifs d’apprentissage dans notre plan de leçon.
Ils ont creusé des trous, et quand on leur a donné le choix entre utiliser une pelle ou leurs mains, la plupart ont choisi leurs mains, ce qui m’a réchauffé le coeur, même s’il surchauffait déjà. Ils ont choisi des plantes, après avoir appris à les connaître, et là aussi ils nous ont montré ce qu’ils avaient retenu, et comment leurs personnalités différaient.

Certains voulaient les plus grosses plantes. Certains voulaient les asclépiades des marais et les asclépiades à papillons pour aider les monarques. Quelques filles timides ont demandé l’immortelle. Un groupe de garçons voulait les touffes de graminées, et les onagres du soir et les penstémons velues étaient populaires puisqu’elles étaient sur le point de fleurir. Certains ont demandé des fleurs hautes, d’autres les ont choisies selon leurs couleurs préférées, et chacun a planté les petites plantes avec ses petites mains si soigneusement, et a patiemment levé la main et attendu que leurs enseignants viennent écrire leur nom sur le petit bâton à côté de leur plante.

Quand ils ont fini de planter, il nous restait des plantes et ils sont joyeusement revenus pour des deuxième et troisième rondes de plantation, jusqu’à ce que toutes les plantes aient trouvé un foyer dans l’une des six jardinières que les classes avaient assemblées ensemble, sous la pluie.
Construire des abris et des habitats
Ils sont ensuite retournés aux bols de matériaux ramassés, triés en piles de cocottes de pin, d’écorce, de gros bâtons, de petits bâtons et de feuilles. Ils en ont pris des poignées pour mettre autour de leurs plantes, et construire leurs propres habitats de pollinisateurs, pour aider à encourager les pollinisateurs indigènes à venir manger un morceau, se reposer, et peut-être même faire un nid près de leurs nouvelles plantes.
Ils ont pris des tours avec deux arrosoirs géants pour s’assurer que chaque plante avait à boire, puis ont continué à « décorer » leurs habitats nouvellement créés.

Quand leurs enseignants leur ont dit qu’il était temps de rentrer, ils ont grogné, mais se sont mis en rang, ont écouté, nous ont fait un merci du fond du coeur, et nous ont laissés admirer leur travail. Nous étions 5, et on a pris un moment pour respirer ce qu’on avait accompli là ce jour-là. Pour les abeilles, et les papillons, et les mites, les lucioles, les oiseaux, les chauves-souris, les coléoptères et les araignées et les guêpes et les libellules, et tout autre pollinisateur intentionnel ou accidentel ou prédateur de pollinisateurs que j’ai oublié, mais aussi pour les enfants. On les a touchés d’une façon qui, on l’espère, restera avec eux pour la vie.

Au-delà du jour de plantation
On les a laissés avec une dernière pensée innocente, mais un brin espiègle. On a créé un habitat pour les pollinisateurs ce jour-là, en choisissant des plantes spéciales pour eux, en leur donnant des endroits pour se cacher, nicher, grignoter et élever leurs familles au milieu du gazon.
On leur a demandé de rentrer chez eux et de demander à leurs parents s’ils peuvent avoir un petit coin dans leur cour, ou dans un pot, sur leur balcon, pour faire la même chose.
Si par hasard vous êtes tombé sur ce blogue, et que vous êtes l’un de ces parents, ou que vous voulez l’être, ou apprendre, ou faire ce que ces enfants ont fait aujourd’hui, nous avons un merveilleux groupe de gens passionnés dans notre communauté prêts, et volontaires, et qui veulent aider.
Ressources pour les classes
J’ai documenté le plan de leçon et le script qu’on a utilisés avec ces enfants à Lord Aylmer Elementary, ainsi qu’avec plusieurs classes à l’école primaire Eardley quelques semaines plus tôt. Le script a été créé à l’origine par mon amie et cofondatrice de Polliniser Aylmer, Erin Lenore, et moi-même, et a été adapté après avoir eu la chance de le présenter à plusieurs classes du primaire au sein de la commission scolaire WQSB ce printemps.
J’adorerais le voir continuer à évoluer, et rejoindre plus d’enfants, parce que le message fonctionne. Notre groupe, Polliniser Aylmer, travaille à intégrer des commentaires supplémentaires d’enseignants, et à le traduire en français, et livrerait volontiers cet atelier dans les environs d’Aylmer, si invité. Le plan de leçon et le script sont bons, et les commentaires qu’on a reçus nous permettent de l’affirmer avec confiance. N’hésitez pas à les prendre et les utiliser ou les adapter comme bon vous semble. Si vous avez besoin d’aide pour le livrer dans une classe, contactez-nous.
L’Effet Papillon Aylmer
Si vous souhaitez aider à réaliser des projets comme celui-ci autour d’Aylmer, venez rejoindre notre groupe, Polliniser Aylmer, et apprenez, ou enseignez, ou partagez, et aidez-nous à polliniser notre petite communauté d’Aylmer.

Convertir un petit espace pour les pollinisateurs et la faune fait une petite différence. Un corridor interconnecté de plusieurs, plusieurs de ces petits espaces fait une énorme différence pour des centaines d’espèces.
On appelle ces corridors interconnectés de jardins d’habitats un Effet Papillon, et on s’est donné la mission d’en créer un à Aylmer.

On a déjà complété plusieurs escales. Les voici, dans l’ordre de plantation :
1. Terrain de jeux d’aventure de l’école primaire Eardley
2. Jardin avant de l’école primaire Eardley
3. Association du patrimoine d’Aylmer
4. Terrain de jeux d’aventure du campus junior de l’école primaire Lord Aylmer
5. Jardin collectif Jardin Nord
On a des plantations supplémentaires à venir aux endroits suivants :
6. Les partenaires du Secteur Aylmer / Centre Communautaire Entre-Nous
7. Clinique O Si Naturel
8. Belmont Plaza (c/o Pizza Rose)
On a encore de la capacité pour quelques escales supplémentaires à Aylmer cette année.
Une fois qu’on atteindra 12, on sera considérés comme un Effet Papillon officiel et à part entière par la Fondation David Suzuki, et reconnus comme tel par le Projet Effet Papillon.
Si vous avez un espace public approprié en tête à Aylmer, contactez-nous, on adorerais en jaser.
Si vous cherchez à convertir une partie de votre cour, ou de votre balcon, en habitat de pollinisateurs indigènes, et que vous aimeriez joindre votre propre habitat de pollinisateurs à l’Effet Papillon Aylmer, rejoignez notre groupe Facebook, Polliniser Aylmer, et apprenez comment.

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